Prenons n'importe quel égo, insouciant et heureux, et laissons-le écrire une liste de choses à faire.
Laissons l'égo et la liste quelques jours ensemble et examinons ensuite le résultat de cette intimité.
[caption id="attachment_15576" align="aligncenter" width="576" caption="Photo : Ali Nassiri, Flickr, sous licence CC"]

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Force est de constater que seule une des deux parties a survécu, inaltérée, à ce petit tête-à-tête. La plupart du temps, c'est la liste — plus longue de quelques lignes, plus lourde de quelques tâches.
Qu'elle soit rédigée sur du papier "Hello Kitty" ou sur un machinPhone, elle se transforme tout de suite en boulet fixé à la cheville. Car la liste a des alliés puissants : une légion de priorités que nous n'arrivons pas à fixer.
Si la liste ne contient que des choses désagréables, cela présente au moins l'avantage d'éliminer le problème du choix. Idéalement, on s'occupera des corvées dans l'ordre proportionnel à la gravité des conséquences de leur non-exécution.
Mais qu'en est-il si, outre des chantiers existentiels, la liste comporte aussi des postes sympathiques, comme prendre le café avec un ami qu'on n'a pas vu depuis longtemps ou un coup de téléphone à votre chère maman ?
C'est dans ces cas que la vraie perfidie de la "to-do list" se révèle sous sa forme la plus pure. En un clin d'œil, les obligations agréables comme les affreuses, se mélangent en une bouillie informe et repoussante. Et avant de s'en rendre compte, on est encerclé de priorités qui toutes nous chuchotent "moi la première, moi la première, non, moi !"
Fichue liste.
Et on pourra penser ce que l'on veut des livres de bien-être, mais parfois on y trouve de véritables perles. David Allen, par exemple, mentionne le principe fondamental de sa stratégie de fixation des priorités : quel point sur la liste a la plus grande influence positive sur les aspects les plus importants de mon univers personnel ?
Et en gardant ceci à l'esprit, le choix, la
priorisation, la décision du début, du primo, du secundo n'est déjà presque plus si difficile. Café = détente. Détente = humeur équilibrée. Humeur
équilibrée = prête pour appeler les impôts. Si les bureaux sont encore ouverts à ce moment-là.
Et, en règle générale, de toute manière : les listes "to-do" sont largement surévaluées. Elles n'ont aucune priorité.
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