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Le Web 2.0 se féminise



[caption id="attachment_4097" align="alignleft" width="300" caption="Koro Castellano, directeur général de Tuenti. Photo : Wlappe/Flickr (CC)"][/caption]

Internet, la nouvelle société numérique, avance vers l’égalité plus rapidement que tous les autres espaces de socialisation.

Le dernier rapport ComScore (Women on the Web: How Women are Shaping the Internet) confirme que 46 % de la population mondiale internaute est féminine. Cette nouvelle donne est surtout due aux pays émergents : BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine), et les économies émergentes.

Les internautes chinoises, indiennes, brésiliennes et les coréennes du Sud rééquilibrent la balance mondiale. Mais les différences disparaissent surtout au niveau de l’utilisation sociale des technologies : elles sont connectées plus de temps et sont plus nombreuses dans les réseaux sociaux comme Facebook et bientôt sur Twitter. Si le Web 1.0 a été très masculin, le web 2.0 se féminise.

En Europe, la population féminine internaute s’est plus développée que la population masculine, pour atteindre 76,6 millions de femmes, selon une autre étude de ComsCore, réalisée pour le portail auFeminin.com. Selon ce rapport, la tranche d’âge qui a le plus progressé est celle des plus de 55 ans.

En Espagne, malgré la coexistence de brèches numériques (comme le révèle le rapport Espagne 2010 de la Fondation Orange dans son chapitre : "L’égalité des genres dans la société de l’information"), la féminisation du réseau se consolide et s’approfondit avec une présence active chez les entrepreneurs numériques. Ellas 2.0, par exemple, est une communauté en ligne, sociale et professionnelle, qui incite les femmes à créer des entreprises dans le monde des technologies et fait la promotion d’initiatives comme Startup Weekend qui se développent avec une forte présence féminine.

Des femmes entrepreneurs… et des "directrices numériques". Deux femmes dirigent les deux principaux réseaux sociaux espagnols : Irene Cano, directrice de Facebook España, et Koro Castellano, directrice générale de Tuenti. Citons également Elena Gómez, présidente de la Fédération espagnole de l’économie numérique (FECEMD). Ou encore, parmi tant d’autres, María Garaña, présidente de Microsoft España et Rosalía Portela, conseillère déléguée d’Ono.

Elena Gómez  attribue la présence de femmes dirigeantes dans les  entreprises du monde des technologies au fait qu’elles "équilibrent l’organigramme et incitent au travail en équipe". Comme je le signalais dans l'un de mes articles (Crise et leadership féminin) : la présence de femmes à des postes de décision est essentielle, par exemple, pour la croissance économique. Cependant, les femmes sont encore peu représentées dans les prises de décision économiques. Seul l’effondrement financier a permis un changement radical dans l’hégémonie masculine du leadership financier, comme c’est arrivé il y a quelques mois en Islande, lorsque des femmes d'affaires ont pris la direction financière du pays afin de le remettre sur le sentier de la prudence et de la stabilité.

Elles savent non seulement réparer les dégâts ou les éviter, dans une culture d’entreprise masculine et paternaliste, mais en plus, "le leadership des femmes dans la haute direction financière est une garantie de bon gouvernement et de bons résultats".

De mon point de vue, il y a 6 changements fondamentaux dans les modèles de direction que j’ai développés lors de mon congrès She Leader 2.0 :

1. Une profonde transformation dans le concept de la direction.
2.
La position hiérarchique dans les institutions ne garantit plus l’autorité (ni la réputation).
3. L'encadrement doit se faire dans l’institution mais également en dehors.
4. Diriger n’est plus donner des ordres.
5. Diriger n’est plus seulement rétribuer selon les résultats ou responsabilités.
6. Diriger c’est réfléchir et créer des techniques autodidactiques.

Quinze ans après la IVe Conférence Mondiale sur les Femmes organisée par les Nations Unies à Pékin, devenue un fait historique comme l’a été le protocole de Kyoto, l’égalité avance, mais lentement et de manière encore assez irrégulière. Une ombre au tableau : seulement trois des 27 pays de l’Union Européenne — la zone  politique et démocratique la plus avancée du monde —, comptent plus de 40 % de femmes au parlement, comme il a été observé lors du dernier Forum Européen des Femmes qui a eu lieu lors de la présidence espagnole au conseil de  l’UE.

Alors que la parité et la féminisation de nos structures politiques, sociales et économiques progressent, une nouvelle réalité s’incruste fortement dans le monde numérique. Le réseau, qui lutte aussi pour l’égalité, propose des scénarios, des relations, des actions et des modèles beaucoup plus larges que dans la société analogique, si verticale, hiérarchique et machiste. Il y a des opportunités dont nous devrions profiter afin de construire, reconstruire, s’unir et créer un réseau resserré de personnes libres.
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