[caption id="attachment_6217" align="alignright" width="345" caption="Photo de "Questa è la Lega""]

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Cela remonte à plusieurs années, lorsque
Sabina Guzzanti, imitant Massimo D’Alema, exprimait une sacro-sainte vérité :
"à quoi sert un grand parti réformiste de gauche dans un pays essentiellement à droite ?" Voici un exemple, rapporté par le journal
Fatto Quotidiano, où Furio Colombo raconte l’incroyable proposition du maire (Lega Nord) de Tradate (province de Varèse) : "la commune offrira 500 euros de récompense pour chaque naissance, mais seulement si les deux parents sont italiens". Comprendre : blancs.
Ce règlement s’inspire de l’esprit des "lois pour la défense de la race" de 1939. Des citoyens et associations sont intervenus pour s’opposer à ce règlement et dénoncer cet événement incroyable. Jusqu’à l’intervention du tribunal de Milan qui a déclaré dans sa sentence qu’il s’agissait "d’une intention discriminatoire évidente".
"Goebbels et le Ku Klux Klan n’auraient pas pu mieux dire", commente Colombo en décryptant les sombres motivations de cette ordonnance, qui évoquent le "soutien à la nécessité" de contrer le déclin démographique constant en Europe. Ce "soutien" a donc été mis en place pour la sauvegarde "du futur de la culture européenne, indissolublement liée aux peuples de cette même Europe".
"Honteux", tel est le commentaire que ferait toute personne sensée.
Le problème est qu’en Italie, trop de gens pensent comme le maire de Tradate. C’est la peur d’une évolution vers une Italie qui ne soit plus "italienne". Il y a 20 ans, les populations du Nord ressentaient la même peur envers les méridionaux (peur exploitée comme par hasard par le même parti), et qui n’a mené à rien. Le changement est inévitable.
Quelqu’un qui parle de "race européenne" mais qui s’inquiète des influences extérieures et des changements qu’elles provoquent est un ignorant. L’Italie est ce qu’elle est aujourd’hui (tout comme il y a 50 ans) précisément grâce à mille changements et migrations. Les dominations espagnole, française, arabe, grecque, phénicienne, autrichienne, barbare, etc., ont créé ce que trop de gens considèrent comme une "race en danger", voire même privilégiée.
L’ignorance est l’une des choses les plus terribles au monde, car c’est d’elle que proviennent toutes les discriminations, les abus et les guerres. Dans mon Italie du Nord, trop de gens raisonnent exactement comme le maire de Tradate. Il en oublie ainsi les soi-disant valeurs chrétiennes qu’il défend, se transformant en champion de l’hypocrisie, même lorsqu’il emploie son dialecte lombard chéri pour communiquer — dialecte dérivé du français et de l’espagnol...
Aucune terre n’a pu grandir sans être influencée par d’autres peuples et d'autres idées. Puis, le discours commence à tourner autour de la question de la sécurité, de la vivabilité et de la justice. Un argument incontournable, mais qui ne peut fonctionner et qui ne doit être basé que sur le délit, le comportement et l’éducation de chacun. Et non pas sur la couleur de sa peau, son lieu de naissance ou à sa manière de prier.
Nous ne pouvons pas faire de raisonnements autres que celui-ci ; ils ne sont plus acceptables dans un monde nouveau comme celui d’aujourd’hui.
Italie, réveille-toi !