
Je crois que l’on peut oublier sans regrets cette Coupe du monde des bâillements d'ennui, et si peu footballistique.
Une finale ennuyeuse a bien montré l’état de santé du foot mondial, une espèce d’animal au ventre hypertrophié et court sur pattes. Quelle est la morale de l’histoire ? Que les très rares équipes qui misent sur les jeunes peuvent gagner. Ce n’est pas une grande découverte. Seul notre Lippi - l’entraîneur italien - avait la prétention non pas de gagner, mais de jouer, avec une formation en état de décomposition avancée.
Je peux me tromper, mais il me semble que le foot planétaire fait une overdose de technique et de stratégie. Au fond, il s’agit toujours moins de sport et, ce qui est pire, on joue toujours moins sur le terrain. Les schémas l’emportent sur l’inventivité, et si la multiplication des caméras nous dit tout sur le moindre brin d’herbe, elles ne peuvent donner au spectacle la créativité qu'il n'a pas.
Même pendant le match Espagne-Pays-Bas, soit lors de la finale de la Coupe du Monde (le match le plus important des quatre dernières années), il a fallu faire l’impasse sur le spectacle, exception faite de quelques frémissements devant les buts ou d’un méchant coup de pied hollandais dans la poitrine d'un adversaire. Et à la fin, quand le but espagnol est arrivé, beaucoup de gens étaient contents. Parce qu'enfin, elle se terminait, cette Coupe du monde.