2 Mai : Hier, c'était la fête des travailleurs. Moi, je n'aurai plus de travail dans un mois et demi, quand Anita aura un an.
Hier, je me suis jeté sur
le journal de Momini, jeune maman, et après quelques posts très doux décrivant son immense joie, voici ce qu'elle a écrit, calmement, mais avec beaucoup d'amertume aussi.
Une histoire comme la sienne résume la situation mieux que d'interminables phrases, élucubrations savantes et analyses pointues. On s'y reconnaît et on reconnaît aussi, hélas, l'étrange pays qui est le nôtre
(l'Italie).
Un pays où tous, de l'Église à la politique, n'ont pas assez de mots pour défendre la famille, cette institution : "la famille est le socle de notre société", "nous devons remettre la famille au centre de tout", et bla bla bla. Mais ensuite, concrètement, que se passe-t-il ?
Si tu deviens mère et que tu n'as pas un travail en CDI, tu te fais virer. Et même si tu peux garder ton poste, rien ne dit qu'en rentrant de la maternité, tu retrouveras ton travail. Ça vaut pour les jeunes mamans comme pour les jeunes papas.
Un de mes amis, brillant manager dans une grande entreprise, s'est vu mettre au placard de sa société, pour la simple raison qu'il avait demandé de pouvoir réduire son temps de travail pendant quelques temps, pour pouvoir s'occuper de son fils. Il essayait de ne pas faire peser tout le poids de cette “activité“ sur sa compagne.
On parle des crèches ? Ma belle-sœur reprend le travail aujourd'hui, neuf mois après avoir accouché, et elle a dû emprunter à la banque pour pouvoir mettre sa fille à la crèche. Crèche privée, forcément, parce que les listes d'attente dans les crèches communales sont aussi longues que pour une greffe du foie.
De quoi se l'arracher, cet organe,
lorsque l'on entend la chère ministre de l'éducation : c'est un privilège que de rester à la maison pendant trois mois après l'accouchement. Facile à dire pour cette jeune maman-là, dont le fauteuil de ministre n'était pas remis en question pendant qu'elle allaitait, et qui, probablement, n'a pas besoin de chercher une crèche où laisser bébé. Les nounous vont se bousculer pour s'occuper de ses petits pendant qu'elle travaillera. Image parfaite de l'hypocrisie d'un pays et de sa classe dirigeante.