[caption id="attachment_4760" align="alignright" width="256" caption="Ray Moynihan"]

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Mon ami le journaliste Ray Moynihan s'est rendu ces derniers jours sur nos terres péninsulaires ou plutôt insulaires. Il a participé au Colloque de Santé Publique qui s'est tenu à Minorque, où il a affirmé ce que j'ai maintes fois répété, à savoir que :
les frontières des maladies se sont élargies et de nombreuses personnes bien portantes se croient malades.”
Ray est l'auteur du livre "Selling sickness" (
Vendre des maladies, traduit en castillan par la maison d'édition Terapias Verdes sous le titre
Medicamentos que nos enferman,
Les médicaments qui nous rendent malades) et il vient de publier "Sexe, mensonges et pharmaciens", un ouvrage dans lequel il affirme que :
le marketing de l'industrie pharmaceutique fait en sorte que les gens en bonne santé se mettent à penser qu'ils sont malades. On fait croire à des femmes bien portantes qui ressentent une baisse du désir sexuel qu'elles ont un problème de santé et on leur vend des médicaments.”
Moynihan, professeur à l'université de Newcastle, affirme que "les clients cibles de l'industrie pharmaceutique sont
les personnes saines, et non les malades".
C'est ce qui se produit avec ce qu'on appelle le dysfonctionnement sexuel féminin. Deux choses m'ont fait repenser à cela : saluer Ray l'autre jour, même par simple mail vu que je ne pouvais pas assister à ces passionnantes conférences, et un courrier que j'ai reçu de l'agence de relations publiques de plusieurs laboratoires pour assister à la présentation d'un nouveau produit. Le courrier en question m'invitait à découvrir Conbriza (bazedoxifene), commercialisé par les laboratoires Almirall et Pfizer pour le traitement de l'ostéoporose post-ménopause.
Dans un dossier de presse, on prévient les journalistes :
La perte de la menstruation chez la femme implique la perte de la masse osseuse, ce qui signifie que l'os devient poreux et moins résistant aux chocs.”
Suivent des chiffres élevés sur les "risques" de fracture et
une affirmation relevant du "marketing de la peur", pur et dur : 20 % des patients qui subissent une fracture de la hanche décèdent dans les six premiers mois, et les autres restent partiellement handicapés.”
Que ces chiffres soient valables ou pas, et en admettant que je ne connais pas encore le médicament dont on fait la publicité, ce qui est sûr c'est que ça fait froid dans le dos.
Ça donne l'impression que l'ostéoporose post-ménopause est une maladie grave qui guette toutes les femmes ménopausées, qui peuvent se briser les os à tout moment.
Évidemment, c'est effrayant. Mais il faut bien voir aussi que l'arrivée de la ménopause est une chose naturelle dans la biologie féminine, et on l'associe à
l'ostéoporose, qui n'est rien d'autre qu'un facteur de risque, et non une pathologie. En d'autres termes, il y a un médicament mais pas de maladie. On met en avant un état de pré-maladie, le soi-disant risque aggravé de fracture, pour justifier l'ingestion d'un médicament (sur lequel nous continuerons à publier à mesure que nous en saurons davantage).
Enfin, les laboratoires qui promeuvent ce composé ont choisi, pour leur présentation aux journalistes, deux professionnels de la santé : Carmen Valdés, que je ne connais pas, et
Santiago Palacios, que j'ai eu l'occasion d'interviewer il y a plus de deux ans pour feu l'hebdomadaire
La Clave, dans un reportage que j'avais fait sur ce sujet.
Il m'avait fait l'impression d'un médecin toujours prêt à faire
la promotion du traitement par médicament des processus naturels et/ou des facteurs de risques. De fait, il est directeur de l'Institut Palacios pour la Santé et la Médecine de la Femme...
Pour plus d'infos : Les livres Traficantes de salud (Trafiquants de santé) et La salud que viene (La santé à venir) contiennent de nombreuses informations sur ce thème.