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Le commerce équitable pas si équitable...

Le "think tank" (groupe de réflexion) sur le libre-échange de l’I.E.A (Institute of Economic Affairs), a descendu en flammes le mouvement du commerce équitable, le traitant de "diversion" et affirmant que Starbucks fait probablement plus pour les cultivateurs de café pauvres.

[caption id="attachment_14671" align="aligncenter" width="573" caption="Producteurs de quinoa équatoriens certifiés "commerce équitable". Photo : Dider Gentilhomme, Wikipédia"][/caption]

Ainsi, Philip Boot (directeur des programmes et de la rédaction à l’I.E.A) a dit :
Les promoteurs du commerce équitable sont coupables d’avoir surestimé l’impact de leur mouvement. Les produits du commerce équitable peuvent évincer du marché d’autres produits socialement marqués, et imposent une lourde charge aux entreprises qui veulent obtenir la certification. À long terme, aider ceux qui luttent dans les pays les plus pauvres requiert plus de réformes radicales au sein de l’organisation. Le commerce équitable est une fraction du système commercial et il ne devrait pas faire l’objet d’autant d’attention. Sortir des communautés entières de la pauvreté nécessite qu’on laisse le libre-échange diriger le développement et la croissance.”

Bien qu’il ne s’agisse pas de la première fois que l’I.E.A blâme le commerce équitable, c’est certainement l’attaque la plus complète et la plus critique.

Le rapport de l’I.E.A, sorti la semaine dernière, affirme que le commerce équitable n’est pas une stratégie pour le développement à long terme et que les revendications du mouvement sont "sérieusement exagérées". C’est plutôt inquiétant pour ceux d’entre nous qui le soutiennent, c’est pourquoi ces remarques méritent qu’on leur prête une attention particulière.

Les principales critiques sont :

1. avec des producteurs certifiés principalement issus de régions à "revenus moyens" comme l’Afrique, le Mexique et la Colombie, le commerce équitable ne profite pas aux pays les plus pauvres.

2. Les producteurs des pays les plus pauvres sont exclus du commerce équitable à cause des lourdes charges administratives inhérentes à la certification.

3. Il est probable que les producteurs certifiés ne perçoivent qu’une toute petite part du supplément payé par les consommateurs pour les produits équitables.

La fondation du commerce équitable a répondu à ces critiques. Elle a déclaré que les coûts administratifs avaient été incorrectement annoncés et a souligné qu'il existe un certain nombre de plans collectifs et de subventions qui peuvent être accordés (aux producteurs, Ndle).

La fondation affirme par ailleurs que 100 % de la prime du commerce équitable sont reversés aux producteurs, et qu’elle vérifie que c'est entièrement appliqué. Elle soutient aussi qu’elle travaille dans les pays les plus pauvres — bien qu’elle ne fournisse pas de données à ce sujet.

Le principal reproche de l’I.E.A est que le commerce équitable n’est pas une stratégie de développement à long terme. La Souris aurait tendance à être d’accord : ce n’est pas un système parfait. Mais si c’est tout ce que nous pouvons faire à l’heure actuelle, alors la Souris estime que nous devrions choisir le commerce équitable dès que possible.

[caption id="attachment_14691" align="alignright" width="229" caption="Quizaine du Commerce équitable à Paris. Photo : WWF"][/caption]

Bien sûr, le commerce équitable n'est pas une stratégie globale de développement pour les pays — ou même les continents — les plus pauvres. La Souris a toujours considéré cela comme un sparadrap sur une plaie béante. Le commerce équitable est nécessaire, car autrement le commerce n'est pas juste : les règles du commerce mondial ne sont tout simplement pas justes.

En tant qu’organisme du libre-échange, l’I.E.A devrait vraisemblablement être parmi les premiers à condamner les systèmes de subventions nationales qui faussent les échanges libres et sont souvent à l'origine des pratiques déloyales du commerce mondial. Ces pratiques doivent être réformées et le commerce équitable fait partie du mouvement qui porte cette demande.

Mais bien sûr, ça n’est pas tout ! Les deux fléaux que sont la guerre et la corruption doivent être combattus. Un travail de titan dans de nombreux pays, qui pourrait bien prendre des décennies.

En attendant, la Souris est toujours prête ajouter quelques centimes au coût de son café pour les envoyer à certaines des personnes les plus pauvres du monde. Et ce, même si ce ne sont pas les "encore plus" pauvres, et même s’il y a des frais administratifs en cours de route.

Note de l'éditeur :
vous pouvez lire l'article du Guardian's sur le même sujet.

Ndle : note de l'éditeur.
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E
Pour compléter votre point de vue, je vous conseille de consulter les études parues sur le site du Laboratoire du Commerce Equitable (laboequitable.fr) : parfaits pour comprendre l'engagement de chacun.
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R
Le libre échange qui critique le commerce équitable .. Dans son propre intérêt il ne pourrait en faire l'apologie...<br /> Je travaille avec des pays du sud... Si l'iea considère que Haiti, le Benin ne sont pas des pays très pauvres, il ferait bien d' aller un peu plus sur le terrain... Un argument qui est effarant.
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