Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

École : de l'influence des prénoms sur les résultats scolaires





Une première étude sur le sujet, réalisée par Julia Kube et supervisée par Astrid Kaiser, a été publiée en 2009 et a conclu que le prénom des élèves de primaire avait une influence sur l'appréciation de leurs capacités par les instituteurs interrogés. Depuis lors, la pertinence des résultats est activement discutée.

[caption id="attachment_5380" align="alignright" width="300" caption="Hellebardius / Flickr (Licence Creative Commons)"][/caption]

Le débat porte tout particulièrement sur la question de savoir si les élèves sont traités ou évalués de manière différente en fonction de leur prénom. Une nouvelle étude réalisée par un auteur anonyme (!) sous l'égide d'Astrid Kaiser devait fournir quelques éclaircissements. Cela n'a été possible qu'en partie. Je ne discuterai pas de l'étude en elle-même, ce sujet ayant déjà été traité de manière pertinente et critique par Anatol Stefanowitsch sur scilog.de. Non, ce qui m'intéresse ici est une autre question, également en rapport avec ce débat, et qui me tracasse depuis quelque temps déjà.

Sur le site Freakonomics, l'économiste américain Steven D. Levitt essaie entre autre de savoir s'il existe aux États-Unis des prénoms typiquement "blancs" ou typiquement "noirs". Il s'appuie sur des recherches de Stanley Lieberson, Cleveland Kent Evans et sur une étude réalisée par lui-même.

Bien que Levitt ait découvert une forte corrélation entre le prénom d'un enfant et sa réussite scolaire ou professionnelle, il n'existe selon lui pas de lien de cause à effet direct. Le lien entre ces deux phénomènes s'expliquerait plutôt par le fait que les prénoms ne sont pas répartis uniformément sur les différents groupe socio-économiques.
Les données montrent bien qu'en moyenne, une personne avec un prénom typiquement noir — une femme s'appelant Imani ou un homme prénommé DeShawn — a moins de réussite sociale qu'une personne s'appelant Jake ou Molly. Si deux garçons, Jake Williams et DeShawn Williams, grandissent dans le même quartier, dans des conditions familiales et économiques identiques, ils vont probablement obtenir les mêmes résultats au cours de leur vie. Seulement voilà, les parents qui appellent leur fils Jake n'habitent en règle générale pas dans le même quartier ni dans des conditions économiques similaires que les parents qui appellent leur fils DeShawn. [...]De la même manière qu'un enfant issu d'une famille dans laquelle on ne lit pas a moins de chances d'obtenir de bonnes notes à l'école, un garçon appelé DeShawn a moins de chances de mener une vie remplie de succès.

Le lien entre le prénom d'un enfant et le statut socio-économique de ses parents me paraît sous-évalué dans la discussion actuelle. Pourtant, il n'existe aucun autre État occidental où le niveau d'éducation des enfants est aussi fortement corrélé au statut économique des parents qu'en RFA.
Hradil explique que son équipe a constaté "que c'est avant tout l'appartenance à une certaine couche sociale qui a des conséquence sur les notes des élèves ainsi que sur la formation souhaitée par les parents". En moyenne, les notes en mathématique et en allemand des élèves issus de familles appartenant aux couches sociales défavorisées sont inférieures d'au moins un point à ceux des élèves issus de familles aisées. Chez les petites filles, la différence est encore plus importante, de l'ordre de 1,4 point.

Si le lien entre prénom et origine socio-économique est établi en Allemagne — ce qui semble fort probable —, les préjugés que les instituteurs nourrissent prétendument à l'égard de Kevin et de Chantal sont éventuellement dus au fait que les petits Kevin et les petites Chantal obtiennent vraiment des résultats en retrait par rapport à ceux de leurs camarades. Bien entendu, ce n'est qu'une moyenne et cela ne dit rien sur un élève en particulier. L'hypothèse que semble également renforcer l'étude évoquée au début de ce texte est donc que les instituteurs ont bien des préjugés devant certains prénoms mais que cela n'influe pas sur l'évaluation des élèves.

En résumé, je pense que l'effet étudié n'est que l'expression du lien — connu depuis longtemps — entre la réussite scolaire et le statut socio-économique des parents. Cela impliquerait cependant qu'il existe aussi en Allemagne des "prénoms du pauvre" (en l'absence d'un terme plus approprié), comme l'a démontré Levitt pour les États-Unis. Malheureusement je n'ai pas trouvé d'étude sur le sujet. Peut-être que quelqu'un pourra m'en dire plus.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
H
[...] Artikel wurde von E-Blogs auf Französisch, Englisch, Italienisch und Spanisch übersetzt. Haben Sie eine Bemerkung zu der Übersetzung? [...]
Répondre