C’est plutôt inquiétant. Je suis d’accord avec le commentaire de l’ambassade d’Israël en Espagne qui dénonce la "propagande anti-israélienne systématique de la part d’organisations et de partis politiques sous couvert de cause palestinienne", sans parler de l’attitude de toute la presse progressiste, et de Zapatero lui-même qui
s’est mis la kufiyya palestinienne.
Lu dans le
journal de Séville : Les critiques viennent en bonne partie du fait que les citoyens associent les juifs à la politique du gouvernement d’Israël et au conflit du Proche-Orient.” (EFE, MADRID)
Selon la première enquête réalisée spécifiquement en Espagne sur l’antisémitisme, 34,6 % des espagnols ont une mauvaise opinion des juifs.
Un pourcentage qui a toutefois connu une baisse de 10 points depuis 2 ans. L’enquête, réalisée à l'initiative de la
Casa Sefarad, a été présentée par son président, Miguel Ángel Moratinos, qui est également ministre des affaires étrangères. Il a souligné que le dossier démontre que
"l’opinion publique n’est ni antisémite ni anti-israélienne". Le gouvernement a décidé de mener cette enquête suite à l’étude sur l’antisémitisme que l’institut de recherches nord-américain
Pew Research Center a rendu publique en septembre 2008 et qui annonçait que 46 % des espagnols, 36 % des polonais et 34 % des russes avaient une mauvaise opinion des juifs, face à 25 % chez les allemands et 20 % chez les français.
Après avoir mis l’accent sur l’engagement du gouvernement espagnol dans son combat contre l’antisémitisme dans le monde, Moratinos a expliqué qu’il était important de connaître la "réalité" de l’opinion publique, étant donné que sa "tolérance" et son "respect" étaient mis en doute par cette enquête. Si ce sondage démontre que 34,6 % des personnes interrogées ont une mauvaise opinion des juifs, il faut noter que le pourcentage de mauvaises opinions est de 53,6 envers les musulmans, 35,4 envers les protestants et 20,7 envers les catholiques.
Le ministre en a conclut que les préjugés antisémites sont toujours à un niveau intolérable en Espagne, ce qui va conduire le gouvernement à "doubler" son effort pédagogique pour plus de tolérance. Le président de la fédération des Communautés Juives d’Espagne, Jacobo Israël, attire l’attention sur le fait que même si le taux a baissé, il y a encore un niveau "trop élevé" d’antisémitisme envers une communauté — le peuple juif — qui ne représente même pas 1 % de la population espagnole.
L’enquête reflète que l’opinion défavorable envers les juifs vient en grande partie de l’association faite entre la politique menée par le gouvernement d’Israël et le conflit du proche Orient. Les Espagnols ne considèrent donc pas que les juifs créent des problèmes en Espagne — à part 3,25 % des personnes interrogées — mais plutôt qu’ils en créent globalement dans le monde et la principale justification de leurs préjugés envers cette communauté est le conflit avec les palestiniens.
Ils les considèrent responsables du conflit au Proche Orient : 41,2 % des personnes interrogées pensent qu’Israël en est majoritairement responsable contre à 16,3 % qui considèrent que c’est la Palestine.
Quand elle a pris connaissance de l’enquête, l’ambassade d’Israël a publié un communiqué dans lequel elle a souligné la disposition du gouvernement à creuser le problème de l’antisémitisme en Espagne.
L’ambassade dénonce toutefois une "propagande anti-israélienne systématique de la part des organisations et des partis politiques sous couvert de la cause palestinienne". Autant Miguel Ángel Moratinos que Jacobo Israël ont demandé aux médias de contribuer à "mieux promouvoir les opinions conciliatrices" concernant le conflit du Proche-Orient.
Cependant, le ministre des affaires étrangères a annoncé que l’enquête mettait en avant une opinion publique espagnole "plus équilibrée que ce que l’on en dit" concernant la défense de la cause israélienne ou palestinienne au Proche Orient, un conflit où l’opinion publique soutient la position du gouvernement espagnol.
Ainsi a-t-il dit qu’il était "particulièrement satisfaisant" de constater que
la population espagnole allait en faveur des résolutions de l’ONU et des principes du processus de paix impliquant la reconnaissance et la légitimité d’Israël en tant qu’État, et que "l’unique solution au problème est la coexistence pacifique entre Israël et l’État palestinien", ce qu’ont déclaré 80,7 % des personnes interrogées.
Par contre, selon l’enquête, 54,9 % des espagnols estiment que les juifs utilisent le souvenir de l’Holocauste en leur faveur, alors que 11,1 % d’entre eux considèrent "qu’Israël devrait disparaître pour avoir été bâti sur des terres arabes". Ce dernier élément s’est révélé "particulièrement préoccupant" pour l’ambassade d’Israël qui considère que cette étude publiée aujourd’hui n’aborde pas l’importance que peut avoir l’antisémitisme dans l’attitude des gens envers Israël.
Dans ce sens, et interrogé sur
l'influence que les réactions du gouvernement aux décisions d’Israël peuvent avoir sur l'opinion publique, le ministre des affaires étrangères a répondu que l’Espagne était un pays "ami" qui maintient "d’excellentes relations" avec Israël. Il a ajouté que si son gouvernement était critiquable, ce n’était certainement pas pour son antisémitisme.