[caption id="attachment_6099" align="alignright" width="320" caption="Photo : ulle b., Flickr, sous licence CC"]

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La magie des premières phrases... ... c'était le titre du (magazine) SPIEGEL Kultur du mois d'octobre. Ce titre m'a rappelé que ça fait très longtemps que j'aimerais écrire quelque chose à ce sujet.
Quand j'étais petite, ma lampe torche était confisquée en permanence. Ceci pour mettre fin à mes nuits de lecture sous la couette. Je n'avais pas de lampe de chevet, et n'en ai jamais eu. Du coup, la nuit tombée, je me couchais contre la porte de ma chambre — même par les froides nuits d'hiver — avec mon livre du moment, que je lisais en exposant un passage après l'autre à la faible lueur qui filtrait par dessous.
L'accès de la librairie de la gare m'était interdit par moment car, après tout, les livres étaient là pour être vendus. Je suis passée maître dans l'art de la lecture rapide, pour finir au moins la moitié du livre avant qu'on me chope.
À la bibliothèque de l'école,
si un livre m'intéressait, je le cachais au fond de rayonnages aux thématiques obscures, là où personne n'irait les chercher, pour être sûre que nul ne les emprunterait avant moi.
Quand j'apprends un mot inconnu, je le note et le colle sur la porte de mon frigo. Comme ça, je le lis chaque jour, jusqu'à être complètement familière avec lui. Pour certains mots, ça prend plus de temps, ils sont plus encombrants, récalcitrants, ils refusent d'entrer. Le mot "
casuiste" est ainsi resté accroché deux ans, un de mes cas les plus durs.
Mais je ne collectionne pas que les mots, les phrases aussi me passionnent. Tout particulièrement les premières. Quand j'ouvre un livre, à la lecture des premières phrases, mon cœur se met à battre plus fort. C'est tellement excitant ! Où ces premiers mots m'amèneront-ils ? Sont-ils le début d'une aventure merveilleuse ou d'un ennui sans nom ? Voilà la magie dont parlait le SPIEGEL. Une ou quelques phrases qui peuvent nous motiver à lire le bouquin.
Tous les livres qui commencent par une phrase merveilleuse ne deviennent pas des classiques inoubliables. Certaines phrases initiales ne sont que de la poudre aux yeux.

Au fil du temps, parfois, mes phrases favorites changent. Il faut qu'elles cèdent la place à de nouvelles. Mais il y en a deux qui restent en tête de liste depuis des années, et que j'aimerais te présenter…
1. Une citation tirée du roman de Irene Dische : "Si ma petite-fille est tellement difficile, c'est avant tout parce que Carl a tellement peu de spermatozoïdes. Il a tué ses petits gamètes à force d'héroïsme. Je vous en dirai plus, plus tard."
(traduction non officielle,
Ndt)
2. Et une phrase qui me restera à tout jamais, extraite du roman d'Andrew Sean Greer : "Chacun d'entre nous est l'Amour dans la vie de quelqu'un d'autre. J'aimerais dire ça en tout premier, pour le cas où je serais découvert sans avoir pu finir ces pages, pour le cas où, horrifiée par ma confession et par ce qui est arrivé, tu jettes tout au feu avant que j'aie eu l'occasion de te parler de meurtre et du grand amour."
(traduction non officielle,
Ndt)
Toi aussi, tu as des premières phrases préférées ? Fais-les-moi lire, je serai ravie. Et peut-être qu'une d'entre elles fera partie de mes nouvelles favorites...
Cet article a été raccourci par E-Blogs. Vous pouvez le lire dans son intégralité ici (en allemand). Ndt : note du traducteur