
Ce titre assez explicite est aussi celui d’une
lettre au directeur de la revue Atención Primaria du mois de mai. Les auteurs, qui travaillent au centre de santé de Mariñamansa à Ourense, ont récupéré durant un mois tous les
médicaments et tout le matériel sanitaire, qui ont été jeté par des patients, médecins et infirmières afin de les recycler correctement et d’éviter qu’ils ne soient jetés à la poubelle. Ils ont étudié en détail le contenu et ont calculé son coût.
Rien que pour le mois de Février 2008 il y en avait pour 2740 euros. -Remis par des patients (et soyons-leur reconnaissants de nous les avoir remis et de ne pas les avoir jeté à la poubelle), il y avait 78 boîtes, dont 47% pleines et 56% pas encore périmées : soit 1444 euros. Trois boites sur ordonnances hospitalières : 645 Euros.
-Echantillons gratuits donnés par des visiteurs: 22 entiers et 16 non périmés : 208 euros
-Rendus par des patients: 13 glucomètres (4 non-ouverts) et flacons injectables de glucose (3/4 des flacons dans leur intégralité et tous périmés) : 908 et 108 euros.
L’effort courageux de cette équipe afin de chiffrer et analyser le gaspillage mérite une mention.
Des patients qui ne se rendent pas compte de la valeur de ce que qu’ils ne payent pas au prix réel, des médecins qui prescrivent suivant des modèles préétablis au centre de santé et à l’hôpital sans s’être assuré que les patients avaient compris le traitement, des doses systématiques absurdes de glucose qui ne sont pas le résultat de prises de décision suivant le métabolisme particulier de chaque diabète.
Du gaspillage de tous les côtés. C’est par là qu’il faudrait commencer : éliminer le gaspillage afin que notre système de santé soit en phase avec son temps. Et pour que cela soit bien fait, il faut du temps et de la volonté de la part des professionnels, des limites et de la co-responsabilité de la part des patients dans le système de santé. Et des gestionnaires qui s’y connaissent un peu plus pour ne pas que décharger toutes leurs responsabilités sur le médecin de famille.