Les autorités des Îles Canaries font la chasse aux serpents prédateurs. La prolifération incontrôlée des reptiles s'est transformée en un cauchemar pour la faune locale de ces îles en Espagne. Malgré les mesures préventives adoptées depuis trois ans par les autorités insulaires, qui interdisent le commerce d'animaux exotiques comme la tarentule, les singes et les serpents, aujourd'hui, les Canaries vivent les conséquences de la reproduction excessive d'une espèce relâchée dans la nature par des propriétaires inconscients.
La prolifération incontrôlée des serpents continue à Gran Canaria. Des mesures ont en fait été prises pour la maitriser mais, à en juger par leurs résultats, cela a été fait bien trop tard, dix ans après l’apparition et la découverte des premiers spécimens. Relâchés dans la nature par des inconscients qui les avaient achetés pour en faire les mascottes de leurs terrariums et qui s’en sont vite fatigués, les couleuvres royales de Californie (Lampropeltis getula) sont devenues un véritable problème écologique.
Aux Canaries, il n’y avait pas de serpents, ni aucun autre reptile. Maintenant, il y en a des milliers. Il y en a même tant que leur éradication semble impossible. En presque deux ans, les mesures mises en œuvre par le gouvernement régional des Canaries, en collaboration avec le conseil municipal de Gran Canaria, ont permis d’en capturer 334 dans les communes de Valsequillo et de Telde. La totalité ? Absolument pas. Leur population pourrait bien dépasser le millier, et le pire est que n'ayantpas de prédateurs, ils se reproduisent facilement, d’autant plus qu'ils sont particulièrement bien adaptés aux reliefs abrupts des canyons, pleins de petites cachettes où ils peuvent prospérer. Comme l’a déclaré le député régional José Ramon Funes, effrayé :
« Les couleuvres représentent un véritable cauchemar qui peut générer des conséquences négatives pour l’île de Gran Canaria, le tourisme, et qui peut tuer n’importe lequel d’entre nous d’un infarctus ».
D'une taille spectaculaire, ces reptiles ne sont heureusementpas dangereux pour l'homme. Ils ne sont pas venimeux, ils n’attaquent pas les humains et leurs morsures ne sont pas plus profondes que celles d'une souris. Cependant, c’est un désastre pour l'écosystème car ils se nourrissent de lézards, de salamandres, d’œufs et d’oisillons d’espèces endémiques, qui sont sans défenses face à une espèce inconnue et contre laquelle ils ne sont pas assez adaptés pour lutter.
Le lézard géant de Gran Canaria ( Gallotia stehlini), le seul grand saurien canarien qui ne soit pas menacé de disparition, pourrait bien voir ses jours comptés si cette couleuvre continue à se multiplier sur l’île. Depuis l’apparition de ces reptiles, les plus grands spécimens ont déjà disparu des zones envahies, comme l’ont prouvé des chercheurs.
236 474 euros ont déjà été dépensés pour tenter de contrôler leur prolifération mais ils se révèlent impossible à éradiquer. L’espèce continue son indésirable invasion : d’autres colonies ont été repérées dans le nord de Gran Canaria. Et tant que des serpents seront vendus dans les animaleries, il n’y aura aucun moyen d’en stopper la prolifération, ainsi que celle d’autres espèces envahissantes. Leur travail a été bien mâché par les amateurs d'animaux domestiques bizarres.
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Photo : Heriberto Ramos, un habitant d'une commune de Gran Canarias, Valsequillo, nous montre la fameuse couleuvre royale de Californie qu’il a capturée dans un parc en plein centre ville ( photo J. Pérez Curbelo/Canarias7)