Nous qui défendons le processus de construction de l'Europe, nous avons demandé à de nombreuses reprises — en plus d'une constitution commune, d'une monnaie et d'un porte-parole uniques — la création d'un seul corps militaire continental qui défende nos intérêts internationaux.
De timides avancées en ce sens ont été faites, comme l'
Eurocorps, première union à caractère militaire mise en place par quelques membres de l'UE — un dispositif expérimental préfigurant la constitution d'une armée européenne.
Mais c'est peut-être ces deux dernières années que cette idée a été la plus proche de se réaliser. Après l'inefficacité du continent dans les différents conflits des Balkans, où ce sont les États-Unis qui ont réellement agi en chefs de file,
l'opération antipirates dans l'océan Indien a montré la capacité d'agir conjointement, efficacement et de façon adéquate face à une menace de la sécurité internationale. L'opération Atlanta s'est avérée la meilleure publicité pour cette cause.

Mais ce mouvement est bien plus significatif.
Le traité va les obliger à mener une politique commune face à des événements comme la guerre en Irak, où les deux gouvernement avaient pris des directions différentes, car à présent les forces armées devront agir de la même manière à de nombreuses occasions.
Exactement comme si l'on construisait une armée commune à l'échelle de l'Union. Une seule force militaire, une seule voix.
Si un dirigeant de caractère, un homme de décision — si tant est qu'il nous en reste un sur le vieux continent — pouvait voir l'opportunité en or qui est en train de s'offrir, il la saisirait sur le champ.
Le plus gros problème, c'était le Royaume-Uni et son flegme colonialiste et monarchiste. Maintenant qu'il est résolu,
il ne nous manque plus que quelqu'un de motivé pour conforter ce projet.