Je vais prendre pour acquis que
la plupart des gens qui lisent ce blog sont touchés par la détresse des sans-abri et la souffrance d’autrui et que, si ce n’est pas le cas, après avoir lu quelques billets, ils le seront.
Mais la vérité c’est que beaucoup de gens ne pensent pas comme vous et ce week-end, alors que j’étais à Londres, j’en ai eu la preuve.
[caption id="attachment_7706" align="aligncenter" width="606" caption="Photo : Adrian Miles, Flickr, sous licence CC"]

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Je descendais du métro à la station Moorgate quand j’ai vu un homme appuyé contre le mur, en train de pleurer.
Je suis passée devant lui avec un ami mais
je savais que si je faisais mine de l’ignorer, ce ne serait qu’hypocrisie. Alors j’ai fait demi-tour et lui ai demandé si ça allait, il m’a répondu que “non”. Il faisait la manche et il ne supportait plus qu’on l’envoie balader, qu’on le traite comme un moins que rien. Son haleine sentait l’alcool.
Je lui ai alors demandé s’il avait faim, il a dit que "oui" ; j’allais lui payer un repas mais j’étais assez juste à ce moment-là, alors je lui ai donné un billet de cinq livres.
Ça l’a touché et il m’a demandé comment je m’appelais ;
je l’ai pris dans mes bras et il a serré la main de mon ami. Pendant tout ce temps, mon ami n’a pas bronché. Ils ne me disent rien (mes ami(e)s) et je leur dis que je sais que ça les énerve, mais que je suis obligée de le faire, que je sais ce que c’est de n’avoir personne sur qui compter.
Ils me disent "ça n’a rien à voir avec l’argent ; tu peux descendre la rue et donner deux livres à une centaine d’entre eux, mais tout ce qui arrivera, c’est qu’ils iront se soûler et que tu seras fauchée".
Cette personne sait que j’ai un blog et a lu quelques billets ; c’est quelqu’un de formidable mais comment communiquer avec des gens dont les opinions sont aussi différentes des vôtres ?
Comment gérez-vous ce problème dans votre vie ?