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Les aliments avec "pedigree" arrivent !



Tandis qu'en Espagne on se jette sur les aliments de supermarché à l'origine douteuse, de l'autre côté de la frontière la révolution alimentaire, c'est l'appellation d'origine.



Alors on dira que nous aussi nous avons ça chez nous, et c'est vrai, mais uniquement pour des produits onéreux et raffinés comme le vin ou les légumes secs, de consommation occasionnelle.

Inconsciemment, lorsqu'on veut acheter un aliment de qualité on choisit des marques connues. Leurs logos familiers nous réconfortent, même si elles ne nous indiquent presque jamais la provenance, à peine un lieu d'emballage.



Mais c'est en train de changer. Mieux sensibilisé, le consommateur exige de connaître la traçabilité du produit, son origine exacte, la race ou la variété précise, le type de culture ou d'alimentation. Et même l'écosystème et les gens qu'il fait vivre.

Face à la globalisation alimentaire, les rayons de produits nationaux et locaux sont de plus en plus courants dans les supermarchés. Les restaurants également se mettent au "kilomètre zéro", avec des plats à base d'ingrédients produits à l'échelle locale. Et voilà la nourriture saine avec pedigree.



Une mode de bobos ? Pas du tout. Juste une conscience de consommateur, de plus en plus éduqué et concerné. Il sait, par exemple, qu'en consommant de la viande — ou ses dérivés — de races autochtones élevées en plein air, on obtient un produit de qualité exceptionnelle, et en même temps, on fait manger les bergers… et aussi, les vautours et les loups.



La crise actuelle, loin de plomber la tendance, l'accélère, car beaucoup de gens reviennent vers le potager à la recherche d'un complément à leurs maigres revenus. Et ils le font avec respect, en prenant un maximum de soin du produit sans en faire monter le prix. En choyant une terre dont ils savent qu'elle détient le secret de leur futur.



Comme toujours, les révolutions se font par le bas, et c'est là que nos marchés traditionnels montrent le chemin. Ils ne nous vendent plus de fruits et légumes "tout nus", mais ils nous expliquent quelle est leur variété et leur provenance, ils nous rendent acteurs du maintien d'un monde rural qui ne pourra survivre qu'en conservant ses différences locales.

Le consommateur le sait et commence à miser sur le changement. Vous ne croyez pas ? Parce que, pour les produits pas chers et de mauvaise qualité, nous avons déjà le marché mondial.



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