[caption id="attachment_13881" align="alignright" width="200" caption="Photo de la statue de Alan Turing partagée par Kevin Spencer"]

[/caption]
Un jour, j’ai écrit
un article qui célébrait l’existence d’illustres musiciens dont l’homosexualité est aujourd’hui reconnue,
alors qu’à leur époque elle ne pouvait être publiquement déclarée. Il faut être bien ignare pour penser que l’influence
gay dans la musique ne se limite qu’à Freddie Mercury ou George Michael
,et pour considérer que l’homosexualité empêche d'une façon ou d'une autre de composer une musique digne des oreilles de
ce dieu qui semble discréditer les habitudes sexuelles un peu plus sophistiquées que le seul coït en position du missionnaire. La liste était plutôt impressionnante, Samuel Barber, Benjamin Britten, Leonard Bernstein, Karol Szymanowski, jusqu’à Pyotr Ilyich Tchaikovsky lui-même — né un 7 mai, innocente coïncidence dont le souvenir me touche encore parfois.
Une grande part du rejet social de l’homosexualité est probablement liée au fait que l’on cache l’identité sexuelle de nombreux grands noms de l’histoire. [caption id="attachment_13883" align="alignleft" width="158" caption="Samuel Barber, Wikimedia Commons"]

[/caption]
Cette identité sexuelle ne devrait en aucun cas empêcher d’éprouver de l’admiration pour les œuvres d’êtres humains authentiquement exemplaires, et aller ainsi au-delà de leurs préférences une fois le pantalon détroussé.
C’est ce qui a été expérimenté dans une école du nord de Londres, raconte Jessica Shepherd dans
The Guardian, où une série de cours a été consacrée à des personnages historiques dont l’homosexualité était connue.
Non seulement leurs œuvres sont expliquées, mais également les complications qu’ont rencontrées ces artistes au moment de faire peser dans l’histoire leurs créations, malgré leur identité sexuelle.
Cela fait 5 ans que l’expérimentation est en cours, et les conflits et le racket homophobes auraient presque totalement disparu.
L'exemple le plus percutant a été celui d'Alan Turing1. Son rôle en tant qu’analyste des codes secrets de l’Allemagne nazie durant la seconde guerre mondiale continue de fasciner chaque citoyen britannique, quel que soit son âge.
[caption id="attachment_13885" align="alignright" width="163" caption="James Baldwin. Photo : Librería del Congreso de los EE.UU"]

[/caption]
D’autant plus si l’on souligne le drame de son histoire personnelle et de sa mort suite, précisément, à la cruauté de traitements infligés afin de
soigner son homosexualité. D’autres exemples ont été utilisés parmi les écrivains : Oscar Wilde et James Baldwin, et même Andy Warhol.
La Commission britannique pour l’Égalité et les Droits de l’Homme a publié un rapport dans lequel on apprend que
deux tiers des étudiants gays ont souffert de racket homophobe sur leur lieu d’études : 17 % ont reçu des menaces de mort.
Elly Barnes, professeur de musique et à l’origine de l’idée, affirme qu’une grande partie de ses élèves pensent "qu’être
gay est illégal dans le pays".
"
Étudier des homosexuels qui furent historiquement connus a permis de faire évoluer les opinions, et beaucoup d’élèves sont allés jusqu’à sortir du placard" raconte Barnes. "Le langage a même évolué dans l’école. Avant, on entendait souvent le mot
gay en guise d’insulte. Ce n’est plus le cas."
1 Note de l'éditeur : Alan Turing (1912-1954), mathématicien, informaticien théorique, cryptographe et philosophe anglais est
considéré comme l'un des pères des sciences informatiques, précurseur de l’informatique moderne (source
Wikipédia).