Pendant que les représentations cinématographiques de Catherine de Médicis rivalisent dans l'art de la laideur et qu'on ne sait quoi inviter pour la rendre plus cauchemardesque et inhumaine, il se produit un phénomène exactement inverse avec Henri VIII, roi d'Angleterre. Il embellit à mesure que le temps passe.
Que dis-je, il embellit ? Il s'érotise carrément.
Pourtant ce monarque fut odieux à toute l'Europe tellement il répandit de sang, celui de deux de ses femmes, de leurs présumés amants, de tous les catholiques restés fidèles au pape après que le despote en question (parce qu'il voulait absolument un fils) se soit déclaré chef de l'église d'Angleterre, des protestants réfugiés chez lui, de ces plus fidèles conseillers, du moindre de ses contradicteurs, dont il fit couper les têtes à la chaîne, avec des haches rouillés pour faire souffrir plus longtemps ceux envers lesquels il éprouvait le plus de haine, leurs têtes bouillies barbouillées des entrailles et du coeur réduits en pièces étaient exposées sur des piques devant la tour de Londres pour faire régner l'effroi et que chacun pèse ses mots, chacun tremble pour sa vie, toutes les princesses d'Europe refusaient d'épouser ce bourreau, il n'y eut jamais de plus grand tyran dans toute l'histoire de l'Angleterre et le monde entier ne l'appelait plus que le Néron de la Tamise.
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