C’est un lac de pétrole qui surgit du fond de l’océan au rythme de cent mille barils par jour. Il s’échappe d’une série de conduits disposés en cratère, et rien ne pourra le contenir, pas même le puits attendu pour le mois d’août.
L’huile visqueuse et dense, qui lubrifie les viscères de la Terre, recouvrira bien vite une bonne partie du Golfe, puis elle passera dans l’Atlantique et enfin, avec la saison des ouragans, finira par se répandre largement sur la terre ferme.
Il n’y a pas d’autre solution qu’une explosion nucléaire.
C’est la théorie de Matthew Simmons, l’un des experts les plus influents en génie pétrolier, déjà conseiller du Président Bush, actuellement patron de la société Simmons & Co, et grand vulgarisateur lorsqu’il s’agit de pic pétrolier. L’or est mortel. S’il est jaune, on meurt pour le posséder. S’il est noir, il est doublement mortel : il tue ceux qui voulaient l’avoir, et il tue parce qu’il sort tout droit de l’enfer où il était emprisonné, traînant dans son sillage un vénéneux parfum de mort. Nous sommes une espèce en voie de disparition. Nous avons perdu la sagesse et la capacité de vivre en harmonie avec l’environnement qui nous accueille. Nous sommes comme ces vieux qui ne sortent plus de chez eux et qui souillent de leurs excréments les pièces où ils vivent. Et cela, parce qu’ils ont perdu la raison. Il se trouve même des gens qui veulent aller jusque sur Mars pour y exporter notre misérable et insatiable instinct de destruction. La nature nous chassera d’un pet.
Je reçois une lettre de Stefano Montanari, le chercheur italien qui se bat, avec sa femme Antonietta Gatti, pour étudier les nano-pathologies.