
J’ai l’impression de lire de plus en plus d’articles mentionnant le sigle
LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transexuels) – probablement parce qu’on célébrait récemment la
Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.
La nécessité d’une telle journée au Malawi(1), par exemple, est indiscutable. Je doute en revanche qu’elle soit célébrée dans la plupart des pays qui en ont réellement besoin mais plutôt dans ceux où c’est à la mode.
Plus je l’entends, plus je trouve le sigle problématique. Ce que les groupes représentés par les lettres LGTB ont en commun, c’est qu’ils ne se conforment pas à la norme hétérosexuelle.
Et traditionnellement, c’est ainsi que la société, l’Eglise, les intellectuels travaillant sur les questions éthiques et théologiques voient les choses : une sexualité normale est hétérosexuelle, sans équivoque, procréatrice. La réunion de ces différentes sexualités implique soit une acceptation de la norme hétérosexuelle, soit une invitation à bouleverser cette norme de diverses manières : « We’re queer and we’re here(2) – même si nous sommes tous queer(3) à quelques déviances près d’une norme hétérosexuelle plutôt barbante. »
Cependant, lorsque l’on tente de décrire les choses telles qu’elles sont réellement (selon moi, une part essentielle d’une réflexion éthique et théologique), le sigle LGBT occulte la nature distincte des manières qu’ont les gens de se forger une expérience, des relations, une identité sexuelle.
Pour beaucoup de gays, les premiers souvenirs prépubères que la connaissance et l’expérience ultérieures nommeront "attirance sexuelle" ont toujours été partagés par les autres garçons.
A l’inverse, ça n’est visiblement pas le cas de ceux qui s’identifient comme bisexuels. Notre discours perd-il de sa substance en omettant d’écouter et d’explorer les expériences distinctes de chacun ?
Cela devient bien plus complexe si l’on considère les personnes transgenres. En l’occurrence, les questions de psychothérapies, médicales et l’intervention chirurgicale doivent être explorées pour nombre d’individus en quête de leur genre. Ça n’est pas les aider, me semble-t-il, que de les classer dans la même catégorie que les "non-conventionnels", surtout lorsque certains de ceux qui s’engagent dans un repositionnement de genre souhaitent justement vivre comme des gens normaux.
Pour résumer, il me semble que je soulève un point relativement important :
ne mettons pas dans un même sac linguistique – le sigle LGBT – des expériences et des gens potentiellement très différentes – mais qu’en pensent les autres ?
Notes de l’Editeur : (1) Pour avoir organisé la première cérémonie symbolique de "mariage" gay du pays, Tiwonge Chimbalanga, 20 ans, et Steven Monjeza, 26 ans, ont été condamnés à la peine maximale : 14 ans de prison et les travaux forcés. « La condamnation que je vous donne, » a déclaré le juge, « est destinée à faire peur afin de protéger le public de gens comme vous pour que nous ne soyons pas tentés de reproduire cet exemple horrible. » (Mise à jour: Devant le tollé international qu'a suscité la condamnation, les deux hommes ont été finalement graciés (lien). (2) « We’re queer ! We’re here ! Get used to it ! » : « On est gays ! On est là ! Faut vous y faire ! », slogan attribué à Miss Jane' Sheehan de Queer Nation San Francisco et repris dans toutes les manifestations œuvrant pour la "cause" homosexuelle. (3) "queer" signifie à la fois bizarre et homo, pédé. P.S. Cet article a été raccourci par son auteur. Pour lire la version intégrale,
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