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Un bon président peut-il être impopulaire ?

[caption id="attachment_12462" align="alignleft" width="336" caption="Photo : quelquepartsurlaterre, Flickr, sous licence CC"][/caption]

Nicolas a ouvert un sujet de chaîne intéressant, en réaction à des tweets de @CaReagit énonçant qu'un président est d'abord là pour prendre des décisions impopulaires : suivre l'avis du peuple serait de sa part démagogique…

Nicolas pose donc la question : un bon président doit-il être populaire ? D'emblée, on peut relever que la question inverse ne manque pas d'intérêt et complète peut-être la première : un président impopulaire est-il un mauvais président ?

Une chose me frappe dans l'idée de présidence posée par @CaReagit : on y est plus près de la dictature, au sens Romain du terme, que de la magistrature arbitrale moderne. Face à un péril extrême, la République romaine nommait un dictateur disposant de tous les pouvoirs pendant une période limitée. Peu importait qu'il fut ou non populaire, du moment qu'il sauvait Rome ; et la sécurité revenue, le dictateur retournait en principe à sa charrue…

À vrai dire, on pourrait estimer que notre république n'est pas si éloignée de cet antique régime : un président élu pour cinq ans à une sorte de dictature douce lui conférant tous les pouvoirs — mais il n'en est rien. Aucun électeur sensé n'a le sentiment de remettre aveuglément le destin du pays aux mains d'un homme seul qui va en disposer à sa guise.

Nous comptons sur les parlementaires pour le surveiller autant que pour l'épauler. La Constitution, même celle de la Ve République aux relents dictatoriaux prononcés, dispose que les lois voulues par le président doivent recevoir l'aval du peuple à travers ses représentants. C'est du moins ainsi que cela est réputé se passer dans notre succédané de démocratie.

En pratique, le président impose ce qu'il veut à une majorité soumise, surtout depuis l'élection de Nicolas Sarkozy qui a accru l'autorité du président jusqu'aux limites du bon plaisir. Il a, dans les bornes de son mandat, la prépotence d'un roi irresponsable devant son peuple jusqu'au terme d'un règne reconductible.

[caption id="attachment_12483" align="alignright" width="354" caption="Manifestation contre la réforme des retraites. Photo : Ernest Morales, Flickr, sous licence CC"][/caption]

C'est une situation de fait, mais cela ne signifie nullement que la population qui la subit l'accepte de gaieté de cœur. Il n'a en tout cas jamais été défini que le président de la République est là pour faire le bonheur du peuple malgré lui, encore moins son malheur.

Quand une écrasante majorité de Français rejette la dégradation brutale de son régime de retraite voulue par le président, c'est la légitimité de celui-ci qui s'effondre avec sa popularité. On ne l'avait pas choisi pour nous précipiter dans l'injustice et la souffrance.

Pour autant, la popularité est-elle la marque d'une bonne présidence ? En Italie, M. Berlusconi, quoique ne portant pas le titre de président, démontre que non : sa popularité l'a hissé puis maintenu au pouvoir alors qu'il est jugé exécrable chef d'État hors de ses frontières.
En revanche, le Brésilien Lula Da Silva fournit l'exemple d'une présidence populaire, largement perçue comme efficace et novatrice. Si la popularité ne prouve donc pas grand-chose, il en va autrement de son contraire (…)

> Lire l’intégralité du billet sur le blog "Le coucou de Claviers"
Ce billet a été traduit en allemand, en anglais, en espagnol et en italien par E-Blogs

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