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À 7 ans, à l'école, j'ai commencé à jeter mes repas, à cacher la nourriture dans les restes de peau de pommes de terre au four et à donner mes barres chocolatées à mon amie. À peu près à la même époque, ma mère a été appelée à l'école par mon institutrice, préoccupée par le fait que son élève avait, comme résolution du nouvel an, décidé de perdre du poids.
Je ne garde aucun souvenir de tout cela, mais je crois qu’à cette époque les graines d'un trouble alimentaire ont été semées en moi, et, qu’en germant elles allaient bientôt devenir une source de préoccupation pour mes proches, un état nié par les médecins généralistes, s'aggravant avec le temps, pour me conduire à passer des mois à l'hôpital — en sortir, et retomber dans les mêmes travers.
J'ai aussi une vie. Je vais bientôt être diplômée avec une mention "très bien" mais je ne m’en vante pas, j'ai travaillé comme documentaliste de télévision, tâté de la presse écrite et j’ai espoir de devenir un jour une version féminine de
Louis Theroux. J’ai chanté dans des groupes (comme le Hallé Choir), nourri les sans-abri, sauté en parachute et voyagé. On pourrait arguer que mon trouble alimentaire ne m’a pas vraiment empêchée de faire quoi que ce soit, mais c’est pourtant le cas, de trop de façons dont je n’ai pas envie de me souvenir.
La question est : à 22 ans, suis-je prête à botter en touche ? Espérons-le. Aujourd’hui âgée de 24 ans, l'histoire continue ...