
Récemment, le magazine l’Expansion.com a publié un article intitulé "
L’économie taurine touche le fond en plein débat sur son abolition". Autant sur le graphique qui l’accompagne que dans le texte, il y a des affirmations douteuses quant à la dimension économique du secteur :
• les fêtes de tauromachie représentent 1,5 % du PIB espagnol. De plus, les corridas et fêtes populaires génèrent 2,5 milliards chaque année.
• La tauromachie "emploie" plus de 7 000 professionnels, ce qui représente une productivité de 3,7 millions de journées de travail par an.
Le PIB espagnol représente plus ou moins 1 000 milliards d’euros (arrondissons afin de faire des calculs mentaux plus rapidement). C'est-à-dire que 2,5 milliards représentent environ 0,25 % du PIB. Chiffre qui se réfère à "corridas et fêtes populaires". Mais alors d’où sort ce 1,5 % du PIB de "fêtes" ? Aucune idée.
D’un autre côté, si le "taureau" emploie 7 000 travailleurs, et génère 2,5 milliards d’euros de rentabilité,
chaque travailleur générerait une richesse de 357 000 euros. Les plus productifs du pays ?
Je ne sais pas si ce sont les plus productifs. Mais par contre, ils sont très travailleurs parce que ce sont 7 000 personnes qui arrivent à produire 3,7 millions de journées de travail, c'est-à-dire
529 jours de travail par an chacun et 1,45 journée de travail par jour de l’année, dont les dimanches et jours fériés. Mais alors, étant donné la crise du moment, et vu qu’ils sont si productifs, pourquoi ne travailleraient-ils pas un peu moins afin de permettre la création d’un ou deux emplois en plus…
Heureusement que c’est sorti dans un journal économique, sinon je n’en croirais pas un mot.