Devant le bras de fer entre les colosses américain et chinois, qui ont débattu, à Séoul, sur le commerce et les valeurs monétaires, l’Union européenne est passée au second plan. Même la puissante Allemagne d'Angela Merkel, la plus "batailleuse", a été contrainte de faire marche arrière devant le poids grandissant du Brésil et de l'Inde.
[caption id="attachment_15514" align="aligncenter" width="605" caption="Sommet du G20 2010, Séoul. Photo : Gobierno Federal, Flickr, sous licence CC"]

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Le sommet sud-coréen marque une autre étape dans ce déplacement, progressif mais inexorable, des équilibres mondiaux vers l’Orient, avec des États-Unis essoufflés et l'Asie qui se renforce chaque jour pour devenir le nouveau centre de gravité des décisions.
Bien que le président de l'UE, Herman Van Rompuy, et celui de la Commission, José Manuel Barroso, se soient déclarés satisfaits — car Bruxelles "a favorisé" le consensus sur les "solutions coopératives" concernant les échanges et le commerce — le G20, c’est-à-dire Washington et Pékin, a polarisé la rencontre au sommet des "grands de la Terre", où les vingt économies les plus développées et émergeantes n’ont fait qu’un demi-pas en avant sur la "guerre des monnaies", renvoyant ainsi chaque solution à des temps meilleurs.
L'agenda des travaux du G20 (et du G8) s’apprête à passer, d’ici au sommet du 3 et 4 novembre 2011 de Cannes, sous la présidence de la France de Nicolas Sarkozy, qui sera soutenu par le FMI (Fonds monétaire international) présidé par Dominique Strauss-Khan, éventuel adversaire pour les prochaines élections présidentielles de 2012.
Concernant le communiqué du G20 finance, datant de deux semaines, émis depuis Gyeongju, toujours en Corée du Sud, la note la plus importante apportée par le sommet de Séoul a été en effet de confier au FMI la charge d’élaborer des paramètres et d’évaluer, ensuite, les politiques de chaque pays, afin de réduire les déséquilibres commerciaux, considérés comme des facteurs de risque pour la croissance mondiale.
La réalité d’une économie mondialisée nécessite une meilleure collaboration de la part de tous", a déclaré Dominique Strauss-Kahn à la presse, à la fin du sommet. "La tâche n’est pas facile mais dans ce sens, le G20 me rappelle la constitution de l'Union européenne et je crois que ce sommet marque un tournant et que le G20 peut devenir un forum permanent pour affronter les problèmes mondiaux et pas seulement économiques. Nous nous chargerons d'examiner les politiques des autres pays : le Fonds jouera le rôle du juge mais en aucun cas celui du dictateur de l’économie mondiale.”
[caption id="attachment_15499" align="alignright" width="230" caption="Photo : Euronews, Flickr, sous licence CC"]

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L’institution de Washington établira un examen, sans pouvoir de sanction, car ce sera bien le G20 qui, au cours du premier semestre 2011, fera ses propres évaluations. "Au second semestre, nous essaierons ensuite de parvenir à un accord", a observé Nicolas Sarkozy, en présentant les principales lignes directrices de sa présidence.
"Quant à la réforme du système monétaire international, le G20 a pour la première fois indiqué son objectif : définir un nouveau système, plus stable et plus résistant, qui inclut — a-t-il ajouté — le multi-monétarisme et non plus une seule valeur principale" (le dollar,
Ndr).
Il a par ailleurs demandé au FMI de développer le plan et a donné mandat à la présidence française d’atteindre cet objectif.
"Une présidence du G20 sous le signe du réalisme et des responsabilités", a conclu le locataire de l'Élysée, en rappelant qu'il rencontrera, au cours d’un programme déjà bien riche, le président américain, Barack Obama, sud-africain, Jacob Zuma, et en décembre, son "rival" Dominique Strauss-Kahn.
Source :
ANSA Ndr : note de la rédaction