[caption id="attachment_17027" align="alignright" width="344" caption="Iain Duncan Smith, ministre britannique du Travail et des Retraites"]

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Pendant des années, le système de protection social a été stigmatisé comme étant
un obstacle pour trouver du travail. Économiquement, prendre un emploi peu payé, à temps partiel ou occasionnel, ne présente pas beaucoup d’intérêt si on considère le taux de retrait (vitesse à laquelle les prestations sont retirées) et le taux d’imposition ; aussi,
en pratique, les gens considèrent souvent qu’ils s’en sortent mieux en restant au chômage.
Mais il existe d'autres obstacles à l'emploi — manque de moyens de transport, de crèches abordables, de compétences et problèmes de discrimination — et ces questions sont souvent négligées au cours des discussions relatives à la réforme de la protection sociale.
Néanmoins, il est inutile de prétendre que le caractère parfois illogique et bureaucratique de l'État providence n'a pas été un problème majeur, et il est clair que
le système a, depuis longtemps, besoin d’une réforme. C'est pour cette raison que les propositions concernant
la création d’un crédit universel sont un progrès bienvenu. Si elles ne correspondent pas tout à fait aux réformes révolutionnaires réclamées, elles constituent néanmoins une évolution attendue depuis longtemps, d'un système qui était devenu trop complexe et illogique.
Malheureusement, les politiciens n’ont pas résisté à la tentation de faire les gros titres en ajoutant des mesures autoritaires, et l’une d’entre elles en particulier justifie notre inquiétude — l'idée de
forcer les prestataires à effectuer des périodes de travaux bénévoles.
La manière dont les personnes handicapées sont actuellement traitées et évaluées est aussi
très préoccupante et le problème n'a pas été abordé dans les propositions de changements. De plus, il y a d'autres inquiétudes et questions en suspens, telles que celles concernant l'évaluation des ménages plutôt que des individus (qui ne créerait pas une motivation valable), et également celle de l’incidence des nouvelles propositions sur le marché du logement.
Cela dit, la plus grande question qui demeure est de savoir si les réformes vont assez loin. La diminution du taux de retrait, passée de plus de 90 % à 65 % est la bienvenue, mais ne peut en aucun cas être considérée comme une mesure créant une incitation à travailler plus efficace que le statu quo.
Après tout, si quelqu'un proposait de plafonner le taux d'imposition sur le revenu à 65 %, nous aurions droit à des discours sans fin sur la
courbe de Laffer et sur l’impact négatif qu’une telle mesure aurait sur la motivation à trouver du travail.
En outre, en se concentrant exclusivement sur les taux de retraits, les autres raisons qui empêchent l’accès à l’emploi ne sont toujours pas abordées — ou pire, aggravées par des discours condescendants sur la nécessité de prendre le bus. Il est donc crucial :
• qu’on investisse dans les transports publics et qu’ils soient mieux adaptés (horaires modifiés pour les gens travaillant tard, ou selon un rythme particulier) ;
• qu’on finance des services de crèche universels : PWC (cabinet d’expertise,
Ndlt)
évalue le coût à moins de 3 milliards de Livres ;
• qu’on investisse dans la formation des adultes ;
• et qu’on lutte contre la discrimination sur le lieu de travail.
Il y a parfois une tendance à la critique et aux objections vis-à-vis des propositions de réforme de l'État providence dans le seul et unique but de défendre le système en place. C'est en partie parce que les tentatives précédentes de réforme se sont résumées à des mesures de réduction des coûts et des droits, sans réels changements structurels significatifs.
Cependant les propositions concernant ce nouveau crédit universel ne sont pas à classer dans cette catégorie et constituent un sérieux effort pour lutter contre un vieux problème.
Au lieu de rejeter systématiquement les propositions, nous devrions dans un premier temps les accueillir, et chercher à s'en inspirer plutôt que de défendre un statu quo inacceptable
Ndlt : note de la traductrice