[caption id="attachment_8796" align="alignright" width="232" caption="Photo : believekevin, Flickr, sous licence CC"]
Durant plus d’un siècle et demi pendant lequel nous avons connus nazis, dictateurs, évasions fiscales, trafiquants de drogue, terroristes, spéculateurs, banquiers et contrôleurs aériens, la banque suisse a enfin arrêté quelqu’un qui a voulu dissimuler ses informations personnelles.
Julian Assange avait donné de fausses informations à propos du compte sur lequel il récupérait des fonds pour sa défense judiciaire, domicilié à Genève, et alors là non, ce n’est plus possible ! La banque suisse ne pouvait pas permettre un tel outrage et lui a alors
.
C’est une partie joyeusement obscène de l’attaque dictatoriale dont souffrent WikiLeaks et Julian Assange. Aucune sentence judiciaire n’a ordonné la fermeture de quelque site internet ou compte en banque que ce soit…
Même le pire des délinquants a le droit de récupérer des fonds pour sa défense judiciaire. Et durant les dictatures, personne n’est accusé de délit politique : les délits sont montés contre le dissident afin de le présenter en tant que délinquant public.
Ce que nous vivons ces jours-ci est la manifestation d’une dictature supranationale dans laquelle le dissident qui incommode un tant soit peu est poursuivi au-delà des limites existantes, avec
la collaboration de toutes les organisations supposément privées et indépendantes.
La bonne nouvelle, c’est que pour la première fois nous vivons une cyberrévolte mondiale. WikiLeaks avait parfaitement prévu l’agressivité du système et, vendredi, a lancé une réponse qui ressemble fort aux tactiques militaires : Ramón Lobo a bien fait de la
surnommer Première Guerre Mondiale Cybernétique, sauf qu’ici, un seul bataillon réclame la mort des éléments de l’autre.
Quand le domaine wikileaks.org a été supprimé
wikileaks.ch et
wikileaks.info ont immédiatement été créés.
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Le premier domaine est devenu le site officiel de Wikileaks. Le second a servi à faire comme il est toujours fait dans les guerres contre des ennemis puissants : répartir les armes dans la population.
Sur wikileaks.info était demandée la création de sites miroirs de WikiLeaks disposant de puissants pare-feux afin de se protéger des perquisitions cybernétiques.
L’autre distribution d’armes au peuple, c’est
cette assurance vie sous forme de fichier sécurisé que nous pourrons télécharger et ouvrir si jamais Julian Assange était assassiné.
En plus de la tactique mise en place par WikiLeaks, la cyberrévolte a entraîné le
boycott d’Amazon et Paypal par les collaborationnistes.
PayPal a reçu hier une attaque de cette cyberresistance. Je suppose que tôt ou tard, ce sera le tour d’Amazon. La banque suisse ne peut pas être attaquée, car ses clients sont les criminels attaqués par les papiers de WikiLeaks.
Les attaques se suivent, ainsi que les censures, les réponses symboliques et réelles. Il ne s’agit plus uniquement du contenu des documents que WikiLeaks révèle. C’est maintenant une impressionnante révolte que le Net est en train de vivre : une dictature mondiale a été mise à nu, et en même temps, la première résistance mondiale sur Internet est née, avec une réelle capacité de fragiliser les bases du pouvoir mondial.
Face à la crise économique du néolibéralisme, nous ne savons pas comment donner l’indispensable réponse générale. Mais si WikiLeaks a réussi à accentuer la crise politique de l’impérialisme, nourrir la résistance est maintenant entre nos mains.
Symboliquement mais aussi
par le don de quelques euros sur les comptes de wikiLeaks. Nous perdrons vraisemblablement cette première bataille contre le pouvoir. Ou pas. Mais nous savons que
si nous ne livrons pas bataille, nous perdrons la guerre.